Les Tchèques, « peuple de Čech » (du nom d'un chef mythique) arrivent, au VIIe siècle lors des grandes invasions, dans une contrée qui s'appelle « Bohême » en raison de la présence de la tribu celte des Boïens.
Au Moyen Âge, le pays s'appelle « royaume de Bohême » (regni Bohemiae) dans les chroniques, tenues par des clercs écrivant latin. Quand il passe, par transmission dynastique, sous le sceptre des Habsbourg, archiducs d'Autriche et empereurs du Saint Empire romain germanique, il est qualifié de « Terres de la couronne de Bohême » (Země Koruny české).
Quand, en 1918, les Slaves de l'Ouest s'émancipent de la tutelle austro-hongroise se pose le problème du nom du nouveau pays. La Slovaquie, rappelons-le, a passé mille ans sous la domination hongroise et les Tchèques un demi millénaire sous celle de souverains allemands : nait la Tchécoslovaquie (Československo), agrégation des noms des deux pays, Česko et Slovensko. Česko est dans une large mesure un néologisme formé sur l'adjectif český (tchèque) avec le suffixe -sko qui forme le nom de la plupart des pays slaves (voir Pologne, Polsko). Notons que « Bohême » en tchèque se dit Čechy.
Ce néologisme a été importé en français sous la forme de « Tchéquie », par l'ajout du suffixe "-ie". Le ministère tchèque des Affaires étrangères du nouveau pays, né de la scission de la Tchécoslovaquie, a recommandé, en 1993, l'usage de Česko (« Tchéquie » en français, « Czechia » en anglais) pour tous les usages autres que la référence à l'État tchèque et ses institutions, dans lesquels cas, le terme de « République tchèque » s'applique. Autrement dit, on devrait écrire République tchèque là où l'on écrirait République francaise ou Royaume de Belgique et Tchéquie, là où France et Belgique s'imposeraient.